Rappel à l’ordre au sujet de la pub pour les jeux en ligne
Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a demandé il y a quelques jours à la station de radio RMC de respecter la législation qui interdit à ce jour la publicité en faveur des sites de jeux de hasard et de paris en ligne, selon une décision publiée jeudi 22 avril sur son site.
Le CSA précise dans son courrier que RMC a annoncé à plusieurs reprises la prochaine diffusion d’une nouvelle émission intitulée « Les Paris de RMC » consacrée aux pronostics sportifs « en partenariat avec le site de jeux et de paris en ligne Unibet ».Or, souligne le CSA, l’activité d’Unibet, un groupe suédois dont les activités dans le jeu ont rapporté 123,4 millions d’euros brut en 2008, « est illégale en France dans l’état actuel de la législation » qui interdit notamment les loteries et les jeux de hasard, à l’exception de ceux organisés par l’Etat français, c’est à dire ceux organisés par la Française des Jeux et le PMU. En réaction, le groupe RMC a fait notamment valoir que la plupart des ses concurrents, notamment Europe 1, du groupe Lagardère, ont déjà braver la loi. Europe 1 a notamment reçu une lettre de mise en garde par le CSA après la diffusion d’une publicité le 17 avril dernier pour un site de paris et de jeux en ligne. De plus, les stations de radio font valoir que la loi va prochainement changer, ce qui est exact. En l’occurrence, sous la pression de la Commission Européenne, la France s’est résolue à libéraliser le marché des jeux en ligne à partir du 1er janvier 2010. A partir de cette date, la publicité pour les sites de jeux en ligne sera légale. D’ici là, ce n’est pas le cas.
Pourtant, le cas de RMC ou encore d’Europe 1 n’est pas isolé. En effet, depuis plusieurs semaines, les stations de radio ou les quotidiens gratuits nouent des partenariats avec des sites de jeux en ligne afin d’être dans la meilleure position possible en janvier 2010. Ils ont notamment également fait de la publicité pour ces sites, c’est le cas des quotidiens gratuits Metro France et Direct Matin.
Jusque là, le CSA avait été plutôt clément mais face à cette fronde généralisé, il n’a pas exclu de sévir. En effet, même si la loi va changer, entre temps, il convient de la respecter. Pour les médias, la tentation est grande puisque les recettes publicitaires fondent en raison de la crise économique et qu’ils ont à portée ces revenus potentiels qui ne sont pas encore légaux. Il s’agit également pour eux de se positionner avant la libéralisation de l’année prochaine pour ne pas être marginalisé.





